jeudi 25 avril 2013
Atelier Raphaël Garnier
Raphaël Garnier se présente de nouveau sur l’Internet avec un portfolio complété. À travers ce vocabulaire personnel qu’on lui connait, Raphaël se plait à sophistiquer une forme de «design décoratif», qui vise à enrober la communication d’éléments narratifs et expressifs en tout genre. On ne peut que l’encourager à développer cette signature et espérer qu’elle saura atteindre l’imagination des gens du métro, où «les stalactites titent, et les stalagmites mitent.»
mercredi 17 avril 2013
Géométrie naturelle
La géométrie naturelle, ou « naïve » n’est pas l’étude mathématique rigoureuse des figures, des plans et des espaces, mais plutôt l’expérience qui correspond à notre perception empirique de l’espace. Cette géométrie, qui relève davantage du « bon sens » que de la science, est limitée et largement mise à défaut par des études et des théories complexes qui la dépassent.
D’une certaine façon, le Circular appartient à cette géométrie. Introduit en 2007 par le catalogue des plus beaux livres suisses, précisé depuis, le Circular est l’objet d’un travail de poursuite des préceptes de la typographie géométrique moderne. Au même titre que l’Euclid, il est à situer dans la lignée de créations manifestes telles que l’alphabet universel d’Herbert Bayer, le Futura de Renner ou l’Avenir de Frutiger. Mais la où son homologue contemporain exploite les qualités modulaires de la géométrie, le Circular repousse au contraire la dureté des mathématiques pour affirmer une allure plus « indulgente » et contrastée.
Une démarche qui n’est pas isolée. Beaucoup de créateurs actuels semblent chercher obstinément un caractère neo grotesque singulier qui ne serait pas / plus l’adaptation anachronique de l’écriture manuscrite à la forme typographique jadis proposée par la catégorie des « linéales humanistiques ». Le Circular, aux côtés d’autres familles comme l’Aperçu ou le Platform, participe à démontrer les richesses renouvelées de la lettre bâton – infligeant dans le même temps, un sérieux coup de vieux à l’Helvetica.
vendredi 12 avril 2013
L’ubiquité conquise
« Sans doute ce ne seront d’abord que la reproduction et la transmission des œuvres qui se verront affectées. On saura transporter ou reconstituer en tout lieu le système de sensations, – ou plus exactement, le système d’excitations, – que dispense en un lieu quelconque un objet ou un événement quelconque. Les œuvres acquerront une sorte d’ubiquité. Leur présence immédiate ou leur restitution à toute époque obéiront à notre appel. » Paul Valery imaginait déjà en 1928, dans ce court texte intitulé La conquête de l’ubiquité, les fous progrès de la technique et ses conséquences dans la culture. Aussi loin qu’il pouvait entrevoir ces conséquences, il soupçonnait en premier lieu et à juste titre, les chamboulements de l’industrie sur la transmission et la diffusion des objets de la culture. Comme l’eau et le gaz, musique et image nous parviennent désormais sans effort.
L’exposition Brand Innovation For Ubiquitous Authorship, qui se tiendra à la galerie Carroll/Fletcher à Londres à partir du 23 avril, s’interesse, d’une façon pratique et expérimentale, à un nouveau phénomène que Bernard Stiegler, spécialiste des mutations technologiques, nommerait « l’économie contributive ». Un nouveau régime induit par internet ainsi décrit par le philosophe : « Le développement de l’informatique, de l’audiovisuel et des télécommunications convergeant dans la numérisation, constitue un nouveau stade de la reproductibilité tel que celle-ci devient accessible à presque tous et à coût presque nul, ce qui permet subitement à toutes sortes d’acteurs d’accéder à des fonctions qui n’étaient jusqu’alors accessible qu’à des professionnels. » Et les exemples qui démontrent un tel changement ne manquent pas, de l’open source aux services on demand, la chaîne production / distribution / consommation ne cesse de se compresser.
En « question » à ce sujet, l’exposition fait en quelque sorte renaître la figure de l’artisan en invitant une vingtaine d’artistes (dont Andreas Banderas, Martin Kohout ou encore Raphaël Rozendaal font partie) à produire un objet via ces nouveaux services tels que CafePress, Zazzle, Shapeways ou Lulu. Une expérience intéressante qui soulève quelques bons côtés. Mais si l’économie contributive se présente comme une alternative, relativement sérieuse, au capitalisme, il y a également de bonnes raisons pour s’en inquiéter. Il faudrait se demander si les libertés – surtout techniques – permises par ces services et ouvertes au plus grand nombre, ne tendent pas, paradoxalement, à réduire une certaine liberté créative ? Le Do it Yourself est un ordre.
Gardant en tête le sort de l’artisan à la fin du XIXe siècle, on peut logiquement s’interroger sur celui réservé au designer dans ce nouveau contexte ? Quel « scénario de vie » celui-ci peut-il prétendre offrir à l’usager si ce dernier est désormais habilité à se construire un environnement par ses propres moyens, selon ses « goûts et ses couleurs » ? Une réponse simple consiste à dire que le designer conserve, au-delà de la technique, une intelligence précise et qu’il reste par conséquent, « force de proposition ». C’est une réponse facile à dire.
jeudi 11 avril 2013
Luke Archer
Voilà un autre designer talentueux sorti de l’ECAL, collaborateur d’Aurèle Sack, amateur de typographie, de lithographie et de textures : Luke Archer. Un rapide tour sur son blog permet de se rendre compte de sa volonté de mélanger les disciplines et de creuser ses caractères typographiques. Good job.
mardi 9 avril 2013
Abram Games
Le XXe siècle a connu son lot d’affichistes de talent, Abram Games est un de ceux-là. Né en Angleterre alors que la Première Guerre mondiale venait d’éclater, Games a commencé à travailler dans une agence de commercial art mais n’y est pas resté longtemps. Il s’installe très vite comme designer freelance. Après avoir remporté un concours d’affiche pour le London County Council, il gagne en notoriété, ce qui lui permet de travailler avec des grands noms de l’industrie comme Shell ou London Transport. Games passe la Seconde Guerre engagé comme artiste de guerre officiel et produit une large quantité d’affiches au service de son pays. Redevenu freelance dans les années 1950, il continue son activité de designer en créant notamment des timbres ou des couvertures de livres.
S’il faut s’intéresser à Abram Games, c’est parce qu’il est un témoin du siècle dernier, tant par son style teinté de jeux de mots graphiques que par sa position d’affichiste au service des grandes industries (en effet, on imagine mal aujourd’hui que, pour une tâche aussi «simple» que celle de réaliser un poster, un groupe industriel fasse appel à un designer plutôt qu’à une agence de publicité).
jeudi 4 avril 2013
Sweet
ALL IN ONE

Tauba Auerbach
En ce moment vous avez deux bonnes raisons d’aller faire un tour au WIELS :
Visiter l’exposition All-in-One (jusqu’au 12 mai) rétrospective de l’artiste allemand Thomas Bayrle, où l’on peut apprécier nombreuses de ses répétitions sérielles à travers un large aperçu de sa carrière. La deuxième bonne raison est la nouvelle exposition (ouverte simultanément et jusqu’au 2 juin) Tetrachromat de la jeune artiste Tauba Auerbach, avec pour leitmotiv Comment pouvons-nous imaginer ce qui est impossible à percevoir. Vous pourrez en plus en profiter pour faire un tour au bookshop enrichi de la sélection du salon PA/PER VIEW.mardi 2 avril 2013
Kiblind : Free Is Free
Le jeudi 11 avril, le magazine lyonnais Kiblind présentera son nouveau numéro au Point Éphémère. On y sera, évidemment, puisqu’après avoir réalisé une image pour la section Pages Blanches pour Jean-Baptiste Levée dans le dernier numéro, on en a fait une pour nous dans celui-ci. En plus de la présentation, il y aura aussi une exposition avec tous les artistes du magazine, notamment Tim Lahan dont on avait déjà parlé.
lundi 1 avril 2013
Scheisshase
Alors que le MoMA met à l’honneur l’artiste et designer suisse Dieter Roth et comme c’est aujourd’hui la plus importante des fêtes chrétiennes, un cadeau empoisonné s’impose. Le Karnickelköttelkarnickel, mot à mot le « lapin de crottes de lapin », n’est pas la friandise que tout le monde attend au fond de son jardin. Un message de l’artiste évidemment sarcastique, qui nous invite à réfléchir sur le cycle manger/déféquer, mais aussi sur la vie, la mort et la croyance – à tous points de vue.
mercredi 27 mars 2013
OK-RM Updates
Le studio londonien OK-RM s’est fait un nouveau site tout beau tout neuf. Allez y faire un tour pour apprécier leur travail rigoureux, notamment à travers l’identité du Strelka Institute de Moscou.
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